En cas de travaux dans sa maison, il est normal de se demander comment faire face si il y a une malfaçon dans un chantier ? D’ailleurs, peut-être que vous êtes actuellement dans cette situation et que vous ne savez pas par quel bout prendre le problème.
Savoir reconnaître une malfaçon

Pour commencer, il est important de savoir reconnaître une malfaçon, c’est-à-dire un travail mal réalisé. Cela peut se traduire par une non-conformité à ce qui avait été prévu, un défaut d’aspect ou de fonction, ou encore une non-conformité aux règles de l’art. Les malfaçons peuvent être visibles ou cachées, et peuvent concerner aussi bien un ouvrage dans son ensemble qu’un détail précis.
En cas de doute, n’hésitez pas à faire appel à un expert pour confirmer la présence d’une malfaçon.
La réception de l’ouvrage : un moment clé
La réception de l’ouvrage est un moment clé dans le déroulement d’un chantier. C’est à cette occasion que vous aurez la possibilité de signaler les malfaçons et de demander des rectifications.
Il est donc important d’être vigilant lors de la réception de l’ouvrage, et de ne pas hésiter à faire appel à un professionnel afin de vous aider dans cette démarche. Une fois la réception signée, il sera en effet plus difficile de faire valoir vos droits en cas de malfaçon.
Les garanties légales de l’immobilier
Sachez que le droit de la construction prévoit plusieurs garanties légales pour protéger les consommateurs. On peut notamment citer la garantie de parfait achèvement, qui oblige l’entrepreneur à réparer toutes les malfaçons signalées lors de la réception, ainsi que la garantie décennale, qui couvre les dommages compromettant la solidité de l’ouvrage ou le rendant impropre à sa destination. Vérifiez toujours que ces garanties sont incluses dans votre contrat de construction.
Les protections juridiques fournies par la loi dans le domaine de l’immobilier sont en effet déterminantes pour garantir la sécurité des acheteurs et des vendeurs lors des transactions immobilières. Leur objectif est d’attester la qualité des biens vendus, protéger les parties contre les défauts cachés, et s’assurer du respect des normes en vigueur.
Voici les principales :
Garantie des défauts cachés
C’est une garantie prévue par l’article 1641 du Code civil français. Elle oblige le vendeur à garantir l’acheteur contre les défauts cachés qui rendent le bien inutilisable pour son usage prévu, ou qui le diminuent tellement que l’acheteur ne l’aurait pas acheté ou aurait négocié un prix inférieur s’il en avait eu connaissance.
Garantie de conformité
Selon l’article L. 217-4 du Code de la consommation, le vendeur doit fournir un bien conforme au contrat et est responsable des défauts de conformité existant lors de la livraison. L’article L. 217-5 précise que le bien est conforme s’il est adapté à l’usage habituel attendu, correspond à la description du vendeur, ou possède les qualités annoncées publiquement par le vendeur.
Garantie décennale

Conformément à l’article 1792 du Code civil, les constructeurs sont soumis à une garantie de dix ans, les obligeant à réparer ou reconstruire les défauts affectant la solidité de l’ouvrage ou le rendant impropre à son usage pendant cette période.
Garantie biennale de bon fonctionnement
L’article 1792-3 du Code civil prévoit une garantie de deux ans pour les équipements dissociables de l’ouvrage principal, couvrant les défauts de fonctionnement les rendant inutilisables.
Garantie d’éviction et contre les troubles de voisinage
La garantie d’éviction assure à l’acquéreur la jouissance paisible du bien en le protégeant contre toute éviction totale ou partielle. La garantie contre les troubles de voisinage atteste la tranquillité d’usage du bien, en obligeant le voisin à cesser les nuisances.
Garanties spécifiques
Certaines garanties sont spécifiques à des lois et règlements, comme la garantie de parfait achèvement pour les travaux immobiliers, ou la garantie de performance énergétique pour les bâtiments neufs.
Garanties légales de la VEFA
En cas de vente en l’état futur d’achèvement, des garanties spécifiques sont prévues par le Code de la construction et de l’habitation. Elles incluent la garantie d’achèvement, de remboursement, de parfait achèvement, biennale, et décennale.
Sachez que ces garanties légales sont applicables dans des circonstances spécifiques, et peuvent varier selon les réglementations locales et nationales. Il est donc recommandé de se référer aux textes juridiques, et de consulter un professionnel du droit afin d’obtenir des conseils adaptés à chaque situation.
Faire appel à un avocat en droit immobilier

Si malgré toutes les précautions prises vous vous retrouvez avec des malfaçons non résolues, il serait judicieux de faire appel à un avocat en droit immobilier. Ce professionnel saura vous conseiller et vous accompagner dans vos démarches afin de faire valoir vos droits, notamment en vous aidant à engager une action en justice contre l’entrepreneur responsable des malfaçons, et à obtenir une indemnisation pour les préjudices subis.
L’importance d’une bonne assurance
N’oubliez pas l’importance d’une bonne assurance. En plus des garanties légales, une assurance dommages-ouvrage vous permettra de bénéficier d’une protection supplémentaire en cas de malfaçon.
Cette assurance, obligatoire pour les constructions neuves, couvre les dommages pouvant affecter la solidité de l’ouvrage ou le rendre impropre à sa destination, et ce, même en l’absence de mise en jeu de la responsabilité décennale de l’entrepreneur. Une bonne assurance peut donc s’avérer d’une grande aide en cas de travaux mal réalisés.
Face à des travaux mal réalisés, plusieurs recours sont donc possibles. Cependant il est crucial de bien se renseigner, de rester vigilant et de faire appel à des professionnels si nécessaire. Vos droits sont là pour vous protéger, ne les laissez pas être bafoués.
Mise en œuvre des garanties de l’immobilier
Une fois que vous avez identifié une malfaçon, il est essentiel de mettre en œuvre les garanties légales de l’immobilier. Comme mentionné précédemment, la garantie de parfait achèvement et la garantie décennale sont deux protections juridiques importantes offertes par le droit de la construction.

Sous la garantie de parfait achèvement (qui dure un an à compter de la réception des travaux), le maître d’ouvrage peut demander à l’entrepreneur de rectifier toute malfaçon signalée. Il est donc crucial d’inspecter l’ouvrage lors de la réception des travaux, et de consigner toutes les malfaçons dans un document écrit.
La garantie décennale couvre les dommages compromettant la solidité de l’ouvrage ou le rendant impropre à son usage, pendant dix ans après la réception des travaux. Si une malfaçon est découverte pendant cette période, l’entrepreneur est tenu de la réparer.
Ces garanties sont codifiées dans le Code Civil, et ne peuvent être exclues par contrat. Si l’entrepreneur ne respecte pas ces garanties, le maître d’ouvrage peut porter l’affaire devant le tribunal de grande instance afin de faire valoir ses droits.
Le rôle de l’assistance d’un avocat
Lorsque vous êtes confronté à des malfaçons dans la réalisation des travaux, l’assistance d’un avocat en droit immobilier s’avère précieuse. Un avocat en droit immobilier est un professionnel formé pour comprendre et naviguer dans le complexe droit de la construction, il peut donc vous aider à comprendre vos droits et à déterminer quels recours sont disponibles.
De plus, un avocat peut vous assister lors de la réception des travaux, lors de l’identification des malfaçons, et lors de la mise en œuvre des garanties légales. Si nécessaire, il peut également vous aider à engager une action en justice contre l’entrepreneur responsable des malfaçons.
L’assistance d’un avocat peut s’avérer particulièrement utile si l’entrepreneur refuse de reconnaître ses responsabilités contractuelles, ou s’il est réticent à effectuer les réparations nécessaires. Dans de tels cas, l’intervention d’un avocat aide à résoudre le litige de manière plus rapide et efficace.
La protection supplémentaire de l’assurance dommages-ouvrage

Outre les garanties légales, une assurance dommages-ouvrage fournit une protection supplémentaire en cas de malfaçon. Cette assurance obligatoire pour les constructions neuves, couvre les dommages pouvant affecter la solidité de l’ouvrage ou le rendre impropre à sa destination. Elle intervient sans attendre une décision de justice établissant la responsabilité de chacun.
Une assurance dommages-ouvrage est particulièrement utile en cas de litige avec l’entrepreneur, surtout si ce dernier conteste sa responsabilité ou est insolvable. Dans de tels cas, l’assurance prend en charge les coûts de la réparation des malfaçons, ce qui évite au maître d’ouvrage de longues démarches judiciaires et des coûts imprévus.
